Les francophones de l'Ontario gagnent à être vus. Pour être entendu, il vaut mieux commencer par être vu : tel est le message transmis par l'écriteau "Vu, entendu!" qui orne le bracelet. S'afficher, c'est s'affirmer, c'est dire qu'on existe et qu'on réclame des services. Refuser de s'afficher, c'est s'assurer le même statut que celui de la poussière que l'on pousse sous le tapis. On ne dérange personne et on donne l'impression de ne pas exister.
Imaginons un instant que 500 000 francophones et francophiles portent le bracelet en Ontario. Nous sortons de notre isolement et devenons une minorité visible. On se reconnaît partout, comme les membres d'une grande famille. Le bracelet se veut un outil de rassemblement, une expression de notre fierté, une occasion de manifester notre solidarité.
Combien de fois nous surprenons-nous à nous adresser à une autre personne francophone en anglais pour réaliser en fin de conversation que nous sommes tous deux francophones? Le bracelet peut mettre un terme à cette situation frustrante qui est engendrée par la maîtrise exceptionnelle qu'ont les Franco-Ontariens et les Franco-Ontariennes à parler en anglais sans accent perceptible.
Le bracelet franco-ontarien a déjà l'appui de plusieurs commerçants à Orléans: Houle Sports, Lacroix Sports, Orléans Cycle and Skis, la pharmacie Jean-Coutu, Canadian Tire et bientôt d'autres encouragent leurs employés francophones ou bilingues à porter le bracelet pour mieux s'identifier auprès de la clientèle. Quel plaisir d'être accueilli/e de la sorte! Nous avons enfin un outil qui nous permet de nous diriger vers un/e commis qui sait nous servir en français, sans avoir à quémander ce service. Pourquoi ne pas étendre ce concept à la grandeur de la province?
L'expérience agréable de se faire servir en français chez les commerçants, dans les restaurants, dans les bureaux de professionnels risque de nous en redonner le goût. Plus nous nous afficherons auprès des gens d'affaires, plus ils verront que notre "nombre le justifie"; ils comprendront un jour les avantages financiers reliés à l'embauche de personnel bilingue. Mais qui donc n'y avait jamais pensé?
Nous avons un drapeau unique qui se prête bien au concept du bracelet de silicone. Peu de communautés peuvent s'enorgueillir d'avoir un drapeau qui s'y prête mieux. Nous avons la possibilité de renverser la tendance à l'assimilation. En faisant de notre jeunesse les porte-parole de cette campagne d'engagement, nous leur assurons un avenir. Parions que lorsque la mode des bracelets de silicone passera, les avantages que nous aurons soutirés à le porter feront de nous le seul groupe culturel à poursuivre cette tradition. S'il le faut, nous créerons une autre sorte de bracelet rassembleur à ce moment. Portons-le fièrement!